Une Eglise habitant le monde

 

- SOUTIEN AU PAPE FRANCOIS EN CETTE LONGUE ANNEE POUR  UNE EGLISE QUI DOIT SE TRANSFORMER (Suzanne Maurice)

 

Une Eglise habitant le monde , transformée par le monde, à réinventer à la suite de Yves Congar 

I  Ce que nous dit Yves Congar :

le journal Témoignage Chrétien du 27 novembre 2014 propose un article autour de l’itinéraire intellectuel de Yves Congar. Yves Congar déjà intervenait dans un contexte de crise pour questionner les  »vérités dites éternelles ». Il remarquait combien la défense de telles idées durcissait, par exemple avec Pie X, l’opposition entre l’Eglise et le monde. Yves Congar (1904-1995) a renouvelé la théologie d ‘une Eglise longtemps conçue comme uniquement juridique. A l’époque encore, elle apparaissait sous la forme d’ une société parfaite et hiérarchique. Il insiste sur la conception de St Paul (1CO2) pour qui l’Eglise est d’abord charismes ou dons de l’Esprit. Yves Congar remet l’accent ainsi sur le rôle de l’Esprit pour une pensée de la synodalité c’est à dire d’un partage des décisions come en parle le Pape François. Il développait aussi l’idée d’une responsabilité de tous en articulant ministères et communion ecclésiastique. Le ministre exerce un service « dans et pour une Eglise servante et pauvre. »

Pour comprendre  le long cheminement de Yves Congar qui se voit dans les années 50, interdit d’enseigner pour devenir ensuite l’un des artisans du Concile Vatican II, je reprends l’extrait très explicite choisi par Témoignage Chrétien et issu de la vie intellectuelle édition du Cerf 1935:

« A toute croissance de l’humanité, à tout progrès, à toute extension de l’humain en l’un des domaines de la création-par la connaissance aussi bien que par l’action- doit répondre une croissance de l’Eglise, une incorporation  de la foi, une incarnation de la grâce, une humanisation de Dieu. C’est cela l’Eglise, c’est cela la catholicité. L’Eglise n’est pas un petit groupe social, isolé, un bloc à part qui resterait inentamé parmi les évolutions du monde; l’Eglise c’est le monde en tant que croyant au Christ ou ce qui revient au même, c’est le  Christ habitant et sauvant le monde par notre foi. L’Eglise c’est l’humanité religieuse. Que dis-je? C’est l’univers en tant que transfiguré par la grâce à l’image de Dieu. »

La mise en avant d’un progrès de l’humanité a trouvé depuis un certain nombre de restrictions importantes. Mais si l’on pense au début de l’émancipation des femmes intervenue depuis une quarantaine d’années, nous avons bien affaire à une extension de l’humain que l’Eglise selon la position de Yves Congar devrait avoir soin d’accueillir loin de chercher à la restreindre. Or qu’en est-il au sein même de l’Eglise de cette évolution, malgré les remarques de nombreuses femmes qui vivent mal que la seule représentation d’elles qui soit  donné par le corps ecclésiastique soit uniquement l’exaltation d’une maternité sur la modèle de celui de la Vierge Marie. Sans en refuser toute le centralité dans sa vie, chaque femme sait intimement ne pas pouvoir ‘être réduite à  cette fonction et d’abord dans son dialogue avec le Christ tel que déjà les Evangiles en font le récit.

En ces temps de célébration de l’Emmanuel, « im, anou, El », Dieu avec nous,   nous sommes invités à ne pas nous figer dans une appréciation des autres mais au contraire à élargir notre cœur pour qu’il soit accueillant. L’humain se définit comme  toujours porté en avant, d’emblée plus que lui même,  capable de rebondir ou encore susceptible de »résilience ». L’Eglise du Christ porte ce regard sur l’Homme. Le Christ par excellence est celui qui relève, devant qui chacun se tient debout malgré qu’il soit  déformé, défiguré  par les épreuves dans un regard honteux sur sa vie.  Quand on est habité par la crainte frileuse devant celui qui vient à nous, inconnu de nous, alors l’Eglise se ferme en enfermant  l’autre sur elle même.

II La question de l’accueil des convertis dans l’Eglise:

Cette question devient capitale aujourd’hui. La parole de Dieu ne se transmet pas par l’Eglise de la même manière, la foi  n’est le plus souvent pas héritée dans le cadre familial mais découverte dans le courant de la vie, expression d’épreuves ou de souffrances vécues. Si on se méfie de ces nouveaux venus , ils le ressentent tout de suite, restent quand ils ne s’en vont pas dans le sentiment d’être croyants de seconde zone. En ce qui me concerne des baptisés de mon année, il y a dix ans révolus, je ne rencontre plus personne alors que certains étaient plus à l’aise et mieux admis au départ.  Les Evangéliques vivent de ces conversions qui galvanisent la communauté, l’Eglise malgré toutes les précautions qu’elle prend n’en a jamais fini de  faire sentir une différence. Les communautés catholiques se regroupent autour d’anciennes familles depuis toujours influentes  qui malgré toute leur bonne volonté sont vigilantes à maintenir leurs positions dans leur  paroisse.

En même temps personne ne s’intéresse vraiment à vous dans le cheminement jusqu’à la conversion car officiellement  vous viviez avant  sans Dieu, dans le manque, dans la privation.Vous étiez dit non croyant, agnostique ou pire athée comme si vous étiez sans appartenance, sans une culture et si vous n’aviez pas vécu de signes…Pour l’Eglise Dieu n’est présent que chez elle et connaissable qu’à travers elle. Pour ma part l’enseignement de préparation, excellent au demeurant, est resté seulement didactique Ce que vous êtes dans votre histoire n’ intéresse pas. Les obstacles apparaissent   parfois au dernier moment, et  blessent encore plus.

Le jour de ma confirmation une amie recommençant qui avait cheminé avec notre groupe lors de la préparation ne m’a parlé que de son entrevue avec l’Evêque qui lui demandait des assurances supplémentaires parce qu’elle avait divorcé. Elle, s’était remariée civilement et s’était ouverte à ce cheminement à travers l’exemple de son jeune enfant.  J’ai partagé à cette veillée là sa souffrance face au non accueil d’une demande pleine de grâce et d’amour. Cela a été ma première prise de conscience d’une attitude scandaleuse de la part d’un prélat disons excessivement doctrinaire. Combien à notre époque l’Eglise se fait mal par ce mot de doctrine pire de dogmes quelles qu’en soient les justification théologiques qui n’apparaissent fondées que pour ceux qui ont une vison identitaire, séparée de la foi.

C’est pourquoi  un vrai accueil me semble-t-il ne peut exister que dans la vérité et la clarté. Chacun porte des fautes  qui sont manquement à la foi et à la dignité de l’autre. Si l’on se croit meilleur ou plus pur ou supérieur, on perd ce qui nous fait tous des êtres humains, quelques gouttes d’eau mélangées au don du vin. L’important me semble-t-il, c’est une présence sans arrière pensée dans le joie de  cette nouvelle offrande de soi que fait chaque personne dans sa démarche de conversion. On ne peut pas faire deux poids deux mesures, excommunier de braves gens pour une existence qui est pour la plupart une série de passages d’obstacles  et s’incliner devant des ministres de Dieu devenus des princes qui ne peuvent qu’ indigner le commun des mortels  à la suite du pape François.

DANS UNE ESPERANCE RENOUVELEE AU CHRIST, DANS LE SOUTIEN CONFIANT AU PAPE FRANCOIS, ET DANS LA VOLONTE D’ACCUEILLIR LES SOUFFRANCES DE NOTRE MONDE: BONNE ANNEE A TOUS CEUX ET CELLES QUI OUVRIRONT CE BLOG AVEC LE DESIR DE DISCUTER SES CHOIX ET DE TEMOIGNER.

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