PRESENTATION DU LIVRE D’ANNE SOUPA: DOUZE FEMMES DANS LA VIE DE JESUS

DOUZE FEMMES DANS LA VIE DE JESUS – Un livre d’Anne Soupa

Anne Soupa est venue le Mercredi 11 Mars à la Maison Cabot Rouvière à Marseille dans le cadre des manifestations organisées par des croyants chrétiens autour de la journée des femmes du 8 Mars. Sa conférence a été consacrée à la présentation de son livre, Douze femmes dans la vie de Jésus. Je propose en reprenant la présentation choisie par Anne Soupa de vous donner un aperçu du contenu de ce livre, en m’arrêtant à sa suite sur différentes figures de femmes rencontrées par Jésus.

Anne Soupa commence par souligner la bonne relation qu’entretient Jésus avec de nombreuses femmes. Elle parle de ce « je ne sais quoi » qui attire les femmes vers Lui. Jésus a été salutaire aux femmes et elles ont su lui en être reconnaissantes : « sans elles qui étaient présentes à la fois au calvaire et au tombeau, en témoins, la Résurrection du Christ aurait été impossible à établir. »

DANS SON INTRODUCTION p11 : Ane Soupa revient sur sa lecture de la Genèse proposée dans son livre Dieu aime-t-il les femmes ? Elle avance ici en outre l’idée que l’attitude de Jésus laisse de côté la différence d’ordre sexuel homme/femme. Il n’est pas différentialiste, il ne traite pas différemment hommes et femmes en fonction de leur sexe. Tous et toutes ont une égale dignité humaine (cf la position de l’ONU par rapport au magistère romain)
Entre Jésus et les femmes qui s’adressent à lui, il y a certes de l’amour mais c’est un amour amitié plein de tendresse : le mot « philien » en grec le désigne bien. Cette relation heureuse des femmes à Jésus dans les Evangiles peuvent redonner espoir aux femmes d’aujourd’hui méconnues par une institution qui a mis en avant le rôle des hommes.
Note 1 p17 : « les femmes interdites du sacrement de l’ordre, ne peuvent ni devenir prêtres, ni prêcher l’homélie, ni accéder au gouvernement de l’Eglise. Elles sont exclues du diaconat. Cette situation est comparable à la privation des droits civiques dans la société civile. »

Chap 1 : Les femmes à la pointe de l’aurore.
La marche au petit matin de Pâques concerne les quelques femmes qui se chargent des soins donnés aux morts. Cette marche va leur faire rejoindre le tombeau où Jésus repose et qui est fermé par une pierre. Ces femmes en marchant s’interrogent sans doute dit Anne Soupa sur la force de leur bras pour réussir à rouler cette lourde pierre.
Je vous invite vivement à lire ce chapitre, il est réellement inspiré. Anne Soupa compare cette montée au tombeau et celle de Moïse allant recevoir les tables de la Loi au Sinaï. Quand elles arrivent effectivement la pierre est roulée, par l’Ange du seigneur, précise Matthieu qui évoque aussi un tremblement de terre (Matt 28,2). L’annonce de l’ange face aux femmes renvoie bien à l’exode et au Sinaï pour la foi de ce temps.
Quelle est le contenu de cette annonce ? Aller en Galilée le rejoindre ? Mais qui vont-ils rejoindre et voir alors ? La Galilée où ces femmes ont écouté d’abord sa prédication, c’est la Galilée des Nations qui n’est pas une terre d’imprégnation religieuse juive mais celle d’une fraternité « brute ». Le programme de ce temps qui vient est laissé à l’initiative de celles et de ceux qui cherchent à préserver cette nouvelle fidélité en Christ.
Psaume 18,2 : « si les cieux racontent la gloire de Dieu : le jour en publie le récit au jour, et la nuit à la nuit en transmet la connaissance ». Dans le matin ces femmes « passent outre » à la nuit de deuil, à la nuit déchirée qu’elles viennent de vivre, c’est le oui de Marie qui est ici renouvelé encore par ces femmes, comme si toutes faisaient un relais de la bonne nouvelle dans les Evangiles. « Les femmes de l’Evangile attestent la continuité d’un corps christique vivant : «L’Emmanuel » Dieu avec nous ».
A nouveau au-delà de ces quelques notes je vous invite à la méditation de ce qui est offert dans cette lecture par Anne Soupa des femmes dans ce matin de la Résurrection. A partir de ce moment, je reprends les figures féminines auxquelles elle s’arrête dans l’ordre qu’elle a déroulé dans sa conférence.

A : Deux femmes à la vie sexuelle menacée :
La fille de Jaïre et la femme au flux de sang : la première risquait de mourir à douze ans au seuil de sa sexualité génitale, l’autre était encombrée par un flux de sang, liée à ses règles, depuis un nombre d’années égales à douze. Ces deux femmes sont associées chez Marc en 5, 21 à 43.
Dans le cas de la fille de Jaïre, celui-ci, chef de synagogue, poursuit Jésus de son insistance. Il paraît omniprésent par rapport à sa fille. Possessif à son égard, il risque d’entraver le développement de celle qui n’est plus une enfant. Jésus se laisse entrainer par le vif désir du père pour qu’il soigne sa fille mais il en mesure l’excès. La fillette dit –il dort, elle n’est pas morte. Pour la réveiller, il introduit la présence de la mère qui jusqu’alors était marginalisée, à côté de celle du père. L’enfant debout entre les deux parents peut se nourrir, grâce aux bons soins de sa mère.
Dans ce «miracle » Ann Soupa voit une action quasi de thérapeute au sens actuel. L’attitude de Jésus est d’abord à l’écoute du désir de l’autre. (Voir page 123 et suivante)Pour ma part je trouve important de montrer qu’il n’y a pas de rupture entre la psychologie actuelle, fondée sur le freudisme et d’autres attitudes plus anciennes basées sur une observation des relations humaines où se font jour des invariants déclinés différemment dans l’histoire humaine. De même certains ont vu dans la confession une ébauche d’une cure qui a pris depuis dans la relation psychanalytique une grande ampleur. La référence au conte, avec Blanche Neige endormie, me semble aussi bienvenue.
La femme au flux de sang, dont le récit est imbriqué à celui de la fille de Jaïre, montre comme pour Jaïre un désir fort de s’en sortir. Pour lever l’opprobre de sa situation, cette perte de sang la fait impure, et pour sortir de son isolement, cette femme se montre actrice de son salut. C’est elle qui touche le manteau de Jésus. Ce geste elle l’assume alors que Jésus se retourne. Cet aveu la sauve en la mettant en dehors du légalisme de la Loi : elle existe. Elle dit non à ce qui en elle la laissait complice de cette assignation à l’impureté et devient un sujet. Jésus lui répond : « ma fille ». Il la situe à nouveau comme enfant de Dieu. Dans cette interaction mutuelle, il reconnait dans un même mouvement sa foi et sa revendication d’existence comme femme.

B : Cette chienne de cananéenne :
Rude rencontre entre cette femme et Jésus. Il la croise alors qu’elle sort de son pays d’abomination pour séjourner en Israël. Son pays Tyr et Sidon, pour les juifs, est le comble de l’ignominie. En plus cette femme crie avec un aboiement à l’intérieur. Elle aboie son malheur d’avoir une fille possédée par le démon.
C’est un tel roc de certitude que Jésus refuse d’accéder à sa demande. Cette raideur de l’attitude de Jésus s’explique par ses propres préjugés : c’est une étrangère de mauvaise réputation. Mais lui- même vient de défendre le langage du coeur contre les hypocrites qui honorent Dieu du bout des lèvres
La femme ne se laisse pas intimider. Elle reprend le dialogue en insistant sur sa supplique. Jésus va changer du tout au tout en se rappelant un passage des écritures : Elie à Sérepta. La veuve qu’il interpelle, affamé est une étrangère. Elle le sauve en lui donnant de la nourriture même temps qu’il la sauve en lui assurant que par le don qu’elle fait la nourriture se renouvellera toujours.
Acceptant un dialogue, Jésus choisit d’utiliser un proverbe, la sagesse et non plus la Loi : « il n’est pas bon de prendre la pain des enfants ». Les enfants désignent Israël tandis que les petits chiens représentent les étrangers. La fin de la phrase « pour le jeter aux petits chiens » sonne très dur. Le Christ a revêtu les habits d’homme il est plus que maladroit désobligeant à l’égard de cette femme dans le malheur.
C’est la cananéenne qui renoue l’échange pour ne plus demander autre chose que cette nourriture des petits chiens. Elle se met à l’affût des miettes de pain. Anne Soupa suggère alors un lien d’assonance entre païens et pain. Le pain qu’apporte Jésus est aussi nourriture pour les païens.
« Qu’il soit fait selon ton désir! »Lequel ? Manger le pain ou sauver sa fille? Matthieu ajoute : « et de ce moment sa fille fut guérie ». C’est bien le désir de pain qui sauve…
Une remarque d’Anne Soupa qui me semble très importante. Ce texte montre Jésus pris au dépourvu et résistant à répondre à la demande de la cananéenne. Jésus ne sait pas tout à l’avance, s’il est Dieu ce n’est pas parce qu’il serait omniscient. L’autre ne fait pas que de la figuration, cette femme le révèle à lui-même et à sa mission.

C : La Samaritaine ou le désir de Dieu :
Je me permets de ne traiter que des deux premiers alinéas de ce chapitre tout entier passionnant, mais c’est un effort de ramener à quelques paragraphes le travail d’Anne Soupa très approfondi. Je pense que sa lecture de la Cananéenne introduit à la compréhension du texte de la Samaritaine propre à St Jean.

Une des différences importante entre les deux femmes : c’est que la femme de Samarie, elle aussi étrangère, au départ ne demande rien. C’est bien au contraire Jésus assis sur la margelle du puits de Jacob qui la voyant venir pour puiser de l’eau, lui exprime son désir : « j’ai soif ». Comme le dit Anne Soupa « c’est une rencontre heureuse un rencontre d’amour ». Le récit n’est que « soif, échange, vibrato d’un désir qui s’échange et se propage ». L’héroïne n’est ni inconséquente dans ses choix ni débauchée. (Contrairement aux nombreuses insinuations à son égard comme celles de Luther qui voit en cette femme une paillarde).
Contre la vision « cléricale » qui entretient une vision négative de la femme, comme étant la tentatrice, Ane Soupa propose une autre lecture de la référence aux cinq maris attribués par le Christ à la Samaritaine. (cf. cette phrase blessante pour la Samaritaine, revenant chez les siens : « il m’a dit tout ce que j’ai fait » sous- entendu tout ce que j’ai fait de mal…)
Ces cinq maris seraient symboliques. Ce texte attribué à St jean est un texte théologique sur le désir de Dieu figuré par l’eau vive, et son lieu de culte. La référence un peu incongrue aux cinq maris par Jésus serait en réalités une référence à des divinités païennes importées en Samarie. Ce serait le roi d’Assyrie autour de 721 avant J.C. qui aurait importé des populations différentes à la place des Israélites, populations qui avaient leurs propres cultes. Cinq villes leur ont ainsi appartenu où le culte de Yhwh est accompagné de modalités particulières qui les rendent suspects au regard des judéens. Ces villes deviennent des maris dans la bouche de Jésus à la suite des nombreuses images dans l’Ancien Testament pour dire le mariage à la manière de Dieu comme époux d’Israël.
La Samaritaine reconnait d’abord « qu’elle n’a pas de mari ». A quoi Jésus répond « tu dis vrai ». Cette insatisfaction exprimée par cette femme s’appuie selon cette lecture d’Anne Soupa sur la situation de la Samarie elle-même, dont la mauvaise réputation est accrue de celle de sa voisine la Phénicie contaminée par des dieux païens. Quand elle demande à boire à Jésus celui-ci ne lui fait aucun reproche sur sa conduite. Il souligne son manque par rapport à un lien religieux qui la comblerait vraiment et dont le temple était encore à l’époque le seul modèle.
Dans ce texte, Jean convoque à travers cette figure de femme collective le pays de Samarie. C’est avec cette compréhension préalable qui met hors- jeu le préjugé d’une femme débauchée que ce texte se doit d’être abordé. (Je vous laisse découvrir le commentaire proposé par Anne Soupa p 86 à p 101)

D : Marie de Magdala, la femme sans aromates :
Cette Marie occupe une place de choix dans les Evangiles c’est leur côté soleil Rien pourtant ne le laissait augurer. Cette femme est aux prises avec le démoniaque…C’est une marginale au même titre que les bergers de Bethléem. C’est elle qui va honorer le rendez –vous primordial de l’humanité avec l’éternité. La Bonne nouvelle est toute entière détenue par elle qui découvre la traversée de la mort par le Christ et en fait l’annonce. Elle est gardienne de ce prodigieux évènement comme les chérubins sont gardiens du paradis terrestre. Elle aussi est dans un jardin mais elle n’en interdit pas l’accès. Les pères de l’Eglise ont filé ce rapprochement en faisant de la Croix un nouvel arbre de Vie aux portes d’un nouveau paradis.
Marie rencontre Jésus dans son humanité souffrante. Elle croit que c’est Jésus qui la sauve de son égarement intérieur. C’est dans sa ténèbre, au sein même de sa folie qu’elle accueille ce salut par Jésus et c’est à nouveau dans les ténèbres de la Croix qu’elle accueille la Bonne Nouvelle. L’épreuve de la Croix ne la remplit pas de doute. Elle la traverse en prenant conscience que l’essentiel est de persister dans l’amour et non tant de s’accrocher à l’assurance du salut. L’essentiel pour l’être humain est de mettre en œuvre ce salut.
Ainsi le matin de la marche au tombeau elle en fait partie. Elle a oublié les aromates pour le soin du corps du défunt. Mais justement le corps a disparu. Anne Soupa propose une analyse pour comprendre pourquoi Marie est attachée au corps de Jésus et ne peut pas admettre de passer à autre chose. Selon elle l’image interne que se fait Marie de la relation à l’autre ne lui permet de se séparer du corps de celui qu’elle aime.
Elle va le chercher dans le jardin et Jean nous laisse penser que Dieu lui-même est présent poursuivant son œuvre de création. Il touche Marie dans son intime le plus profond où se noue sa relation à son Seigneur, il la recrée alors qu’elle reconnait dans le jardinier, Jésus qui l’appelle par son prénom. Le « ne me touche pas »ouvre à la prise conscience que le corps du Ressuscité est différent et que ce ne sera plus jamais comme avant.
Le corps nouveau : « va trouver mes frères ». De même la mère de Jésus à la Croix devient la mère de Jean, dans l’évangile du même nom, signifiant pour Anne Soupa non un système patriarcal mais une communauté humaine fraternelle.
On comprend l’attachement des chrétiens à cette figure de Marie de Magdala. Au troisième siècle, elle est considérée comme l’apôtre des apôtres. De même au Moyen Age un très grand culte lui est rendu par exemple à Vézelay et se répand la légende de son débarquement en Provence. Grégoire Le Grand au VIè siècle a contribué à développer cette ferveur. Il a fondu en une seule Marie, celle dont nous venons de parler, Marie de Magdala, avec deux autres, la pécheresse de Luc et la Marie de l’onction. La nouvelle « Marie Madeleine » résultat de cette association devient la figure du pardon. C’est ainsi la pècheresse qui se trouve plébiscitée aux dépends de Marie apôtre et Marie au matin de Pâques.
L’essentiel du péché c’est Pierre qui en était porteur dans les Evangiles. Il s’agit de l’exempter le plus possible pour que les rois s’agenouillent devant son successeur, l’Eglise gardant les clefs. Marie de Magdala pourrait bien être une figure de l’Eglise de demain. Par la connaissance qu’elle a de ses « propres enfers » Marie est aux avants postes de la vie et de la mort, aux avants postes du mystère de Dieu.
Je me suis permis de développer un peu plus ce portrait d’une femme exceptionnelle présentée comme telle, il y a deux mille ans. Comme quoi reprenant la réflexion d’un jeune converti Johanne, militant de la société Saint Vincent de Paul, on n’a pas beaucoup avancé depuis 2000 ans. Je signale un numéro de la revue « Biblia »consacrée au cas Marie Madeleine sous la direction d’Anne Soupa (novembre décembre 2011)

E : Marie : quand la Bonne Nouvelle est un enfant :
Marie la mère de Jésus est une des rares à échapper à la dépréciation que l’on rencontre souvent dans l’Eglise à l’égard des femmes, même des femmes mentionnées dans les Evangiles. Sa figure féminine est au contraire exaltée, oscillant entre un culte idolâtre qui en fait une déesse et au contraire sa réduction à l’histoire particulière d’une jeune fille juive.
Pour Anne Soupa, Marie, telle quelle est mentionnée par Luc et Matthieu, incarne l’accueil par le peuple d’Israël de la foi. Cet accueil, comment se fera-t-il ? demande Marie. Une réponse : l’Esprit déjà présent en juges prophètes et rois. Irruption de l’Esprit est ici celle d’une parole- personne qui vient s’abriter dans la chair de Marie. Le oui de Marie exprime sa disponibilité à Dieu, un échange Dieu/homme à travers elle, un don mutuel.
Par ce oui Marie assume une transgression sociale (fiancée enceinte). Dans Matthieu les femmes mentionnées dans la généalogie du Christ étaient déjà des exclues contribuant au salut. Ce oui entraine aussi une transgression par rapport à la nature (cf Salomé dans le proto-évangile de Jacques.) La virginité de Marie dans l’engendrement de Jésus signifie d’abord que Dieu se révèle. Est laissé de côté la question des frères et soeurs de Jésus.
Le oui de Marie fait de son corps le temple de Dieu. Elle apparait celle qui cherche Dieu (en hébreu, derech) qui le désire, qui en est gourmande. En cela elle est une figure emblématique de son peuple, elle écoute l’ange comme son peuple écoute, elle se laisse visiter par lui. Elle n’est pas davantage l’image emblématique de toutes les femmes, hommes et femmes se reconnaissent en elle. Elle est l’exemple d’une « habitation divine » d’autres suivront en particulier les mystiques qui ont répondu à cette invitation divine de se laisser habiter, de demeurer.
Dernier aspect de Marie dans les Evangiles de l’enfance, le magnificat comme « discours de politique générale ».C’est un « centon », il est entièrement repris des Ecritures. C’est l’énonciation d’un programme de la mère de Jésus : son fils sera du côté des humbles et des petits. Ce discours va inspirer les peuples pauvres avec la théologie de la Libération et sera comme tel censuré par les dictatures.
Jésus en ce qui le concerne ne montre pas la moindre idolâtrie pour sa mère. Dans sa vie publique il la maintient à distance. Ultime distance à la croix où il donne à Marie un autre fils. Elle n’apparait pas plus au moment de la Résurrection ce qui désolera st Ignace mais qui montre que ces récits ne sont pas romanesques mais des récits qui font place au lecteur pour qu’il croit.
Mystère de Dieu enclos dans l’homme qui en fait u mystère. A la place de l’échelle de Jacob qui élèverait vers le Ciel, un cordon utérin de chair, signe d’un lien des hommes entre eux et à Dieu.
Dernière femme choisie par Anne Soupa pour clore ce beau chemin de réhabilitation des femmes dans le Nouveau Testament :
F : Anne, la femme qui parle de Jésus :
Elle apparait dans le récit de la présentation au temple de Jésus qui pour Luc est un moment très important qui devrait faire de Jésus l’héritier des promesses d’Israël. Pour cet accueil de Jésus deux personnages Syméon et Anne, deux personnages liés au temple sans être grand prêtre ou membre de la tribu de Lévi. Syméon représente la sagesse du coeur quant à Anne elle représente le temple, elle est consacrée à servir Dieu et ne quitte pas le temple.
Syméon qui a d’abord des paroles de paix finit par annoncer la venue par cet enfant la division, la persécution et la souffrance de Marie transpercée par un glaive.
Apparait alors Anne. Moins méditative plus active elle est prophétesse, loue, prie et annonce Dieu. Il y a une sorte d’inversion des qualités féminines et masculines entre elle et Syméon. Par sa voix, celle des petits des sans voix, elle annonce la délivrance d’Israël dans une parole à portée de visage. C’est grâce à l’enfant, à sa présence qu’elle parle d’espérance.
D’où lui vient cette lucidité ? Soit elle est tellement familière des Ecritures qu’elle voit dans cet enfant la réalisation de la prophétie d’Isaïe : le messie sera né d’une jeune femme (et non pas d’un vierge comme dans la traduction de la Bible grecque) et portera le nom d’Emmanuel. Soit elle prend au pied de la lettre cette présence d’un enfant dans une dépendance complète et elle en fait le modèle d’un autre type de sauveur. Un enfant dans toute sa fragilité est dans sa nouvelle compréhension le libérateur d’Israël.
Qui est cette Anne par rapport à Marie ? La grand-mère, Anne des apocryphes serait là par un jeu associatif remplacée par cette Anne du temple et Marie serait sa fille qui lui présenterait son enfant au temple. Le message ultime d’Anne : que le peuple d’Israël se laisse délivrer non de l’occupant romain mais de ses illusions concernant le sauveur.

Voilà donc les femmes qu’Anne Soupa a choisi de nous présenter dans l’ordre qui lui a convenu. Certaines ont été laissées de côté. Bien sur cette présentation qui reprend les termes même d’Anne Soupa est une invitation à lire l’ensemble du texte. Ce résumé que j’espère assez fidèle est là déjà pour faire tomber les préjugés et ouvrir à d’autres interprétations des Evangiles qui réévaluent les femmes et leur rôle. Je tiens à vous faire découvrir en même temps le regard tendre d’Anne Soupa sur elles. Que ce soit un moment positif de bonheur pour toutes celles qui doutent encore de leur capacité et de leur richesse !
Mon objectif est aussi par cette présentation d’offrir la possibilité à celles qui le désireraient de se rencontrer pour parler de cette lecture, de ce que cela réveille en elles comme expérience personnelle ou dans l’Eglise et voir que mettre en œuvre pratiquement pour une présence des femmes rendues à leur dignité dans leur service de Dieu.
Nous avons l’été pour réfléchir à cet engagement que je vous propose sans vouloir en être d’une quelconque façon un leader. Pour certains habitués à la hiérarchie et à ses honneurs c’est un grand manquement. Je reconnais que mon attitude m’a valu récemment de graves déboires et même de la médisance. Ma seule conclusion, c’est qu’il est préférable que pour l’instant nous nous retrouvions seulement entre femmes, en évitant tout objectif de performance et de réussite.
J’ai traversé un vraie période d’isolement, j’espère que certaines qui me connaissent mieux auront le souci de la rompre. A la rentrée de septembre donc. D’ici là je suis intéressée par vos réactions. Ce texte figurera sur mon blog : ndpastorales.unblog.fr, encore merci à mes deux fées, Hélène et Isabelle.
Amitiés à tous et à toutes, avec tous mes remerciements.
Si vous pouvez faire circuler ce texte autour de vous, malheureusement, il y a bien des visages sur lesquels je ne mets aucun nom et encore moins d’adresse mail.
Notre pape avec les synodes sur la famille et l’encyclique consacrée à l’écologie a mis en mouvement notre Eglise. Il ne sera pas dit que les femmes chrétiennes, colonne vertébrale de cette Eglise, ne se mettent pas en marche pour prendre toutes leurs responsabilités. Déjà se rencontrer, se parler et commencer à se dire.

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