canon 7 de la XXIV session du concile de trente

Je proteste en commençant cette page de la manière dont je constate que mon blog a été boycotté par ceux là même qui avaient travaillé avec moi sur la question d’abord de l’homo sexualité et puis des divorcés remariés . Leur réflexion à partir des réactions de différents groupes que certains ont constitué cette année auraient pu trouver place ici. Je n’ai cessé de les y appeler et ils n’en ont pas tenu compte. Mieux ils ont préféré s’adresser à un prêtre du diocèse à qui ils ont demandé un blog sur le mode du mien pour donner leurs contributions et susciter des échanges.  Le plus révoltant c’est qu’ainsi encore ce sont des hommes y compris des laïcs qui se mettent en avant pour parler en lieu et place de femmes parfois en grande souffrance dont la voix fragile et même étouffée n’est pas entendue.

Malgré cette attitude machiste, je finis mon dossier en revenant sur ce fameux canon du concile de Trente.

Dans l’ Evangile de Matthieu,( 5, 32 et 19,6,) la coutume de la répudiation, légale à l’époque du Christ est condamné par lui. Le fait de repousser son mari ou sa femme et donc de se séparer pour contracter un autre lien était  habituel comme d’ailleurs la polygamie. L’ancien testament avec ses familles qui sont plutôt des clans l’attestent. L’assimilation qu’a voulu faire le christianisme entre le répudiation et le divorce me semble manquer de pertinence. A cette époque la répudiation est le fait uniquement des hommes. Les femmes n’ont aucun moyen d’exprimer leur souhait, c’est une marchandise, la principale cause de répudiation c’est la non fécondité de la femme qui l’empêche de remplir sa fonction de procréation.

Selon les évangélistes, cette attitude trahit l’esprit des origines de la genèse. Dieu a crée l’homme et la femme pour qu’ils s’unissent et ne fassent qu’une seule chair. Citation de la Genèse en Matthieu 19,4: » Le Créateur au commencement le fit mâle et femelle a dit: c’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme et les deux ne feront qu’une seul chair. Le christ commente: » ils ne sont plus deux mais une seule chair. Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni. »

Mais on lui fait l’objection que Moïse lui n’a pas interdit la répudiation puisqu’il a prévu de délivrer un certificat de répudiation. La réponse est « c’est à cause de la dureté de votre cœur…Mais au commencement ce n’était pas ainsi. « Ce commencement » cette pureté originelle comment la comprendre?  comme une pureté idéale du comportement de l’homme et de la femme qui au temps du Christ apparaissait quasiment inaccessible, rendant improbable cette union fusion  où chacun se fond dans l’autre. Le cœur dur désignerait alors l’homme pécheur, l’homme de la chute celui qui n’appartient plus au mythe. Cet homme  tel que le connait Jésus  vit en bon juif, tout en contractant  plusieurs alliances. L’objection que fait alors le Christ ne peut pas être une union absolue (indissoluble) qui n’existe pas à son époque. Le fait de rejeter sa femme pour en prendre une autre, en réalité, contrevient aux lois édictées par Dieu à Moïse au Sinaï: » tu ne commettras pas d’adultère » et « tu ne convoiteras pas la femme d’un autre. »

L’adultère consiste pour l’homme ou la femme à contrevenir à son serment de fidélité envers son conjoint en ayant des relations sexuelles avec une troisième personne. L’essentiel de l’adultère n’est-il pas alors de trahir la confiance que chaque époux place en l’autre en lui mentant? Mais pour le Christ, il y a malgré tout adultère dans une séparation consommée comme cela peut être le cas dans la répudiation. Saint Basile l’explicite ainsi: » si le mari après d’être séparé de sa femme, s’approche d’une autre femme, il est lui même adultère parce qu’il fait commettre un adultère à cette femme; et la femme qui habite avec lui est adultère parce qu’elle a attiré le mari d’une autre. »

La répudiation apparaît  comme une des formes de la polygamie  contre laquelle notre civilisation s’est bâtie.  Elle est aux yeux des chrétiens dès le commencement  comme l’expression d’une convoitise excessive à l’égard du bien d’autrui, une sorte de consumérisme avant l’heure.

Donc je répète l’essentiel de ces textes des Evangiles, le sens de la condamnation des couples qui se séparent est d’abord lié à la condamnation de l’adultère qui ces couples mettent œuvre même inconsciemment. Le remariage, le fait de quitter sa femme ou son mari pour refaire sa vie avec quelqu’un d’autre est considéré comme adultérin et  exclue dans l’Eglise catholique de la communion.

Curieusement  et c’est ce qui saute aux yeux le canon 7 session XXIV du Concile de Trente fait une analyse très différente de ces textes fondateurs: « anathème à qui dirait que l’Eglise se trompe lors qu’elle a enseigné et enseigne suivant la doctrine évangélique et apostolique que le lien  du mariage ne peut être dissous à cause de l’adultère d’un de ses conjoints… » C’est un canon doctrinaire et non pas disciplinaire, il y a même avec l’anathème un enseignement de foi. Cette doctrine aurait été constamment affirmée à part une éclipse du 7e siècle au 12e  siècle. L’Eglise par ce texte explicite une position assez cynique du mariage. Au nom de l’indissolubilité d’un mariage, elle justifie des possibilités d’infidélité dans ce cadre. L’adultère ne peut être invoqué pour dissoudre un mariage et contracter des liens plus confiants donc plus heureux avec quelqu’un d’autre.

Comment peut-on justifier ce refus de la séparation même dans le cas de l’adultère ? Pourtant  le Christ souligne la gravité de l’adultère dans un temps où la femme n’ était guère considérée par les hommes ,en y reconnaissant  une atteinte grave à l’intégrité de la personne. Celle-ci, trompée est humiliée par le fait qu’on lui en préfère une  autre. Une des raisons invoquées serait que dans le mariage chrétien tel qu’il a été codifié de façon novatrice, l’homme et la femme contractent une alliance sur la base de leur consentement libre. On proclame donc qu’ils ont été mariés sans contrainte, ce dont il faudrait vraiment s’assurer, les mariages « arrangés » ont été longtemps la règle et se maintiennent dans d’autres civilisations. Contractuellement en droit, leur liberté les engage pour toujours. C’est une liberté surprenante qui peut prendre la forme d’un terrible boulet. Matthieu 19, 10: les disciples lui répondent alors qu’il affirme que sauf « cas « d’union illégale » la répudiation est un adultère: » si telle est la condition de l’homme envers sa femme, il n’y a pas d’intérêt à se marier. »

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