PROLONGEMENT DE DIACONA 2013 PAR LA CESSION DU CERAS, JANVIER 2015

30 juin 2015

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SESSION DU CERAS CONSACREE AU RE ENCHANTEMENT DE LA SOLIDARITE (Janvier 2015)

Le fil rouge de cette réflexion au sujet de la solidarité s’organise bien autour de Diaconia 2013 à Lourdes :
Cet événement marque une nouvelle manière de « faire Eglise » qui est en même temps un retour aux sources même des Evangiles. On reconnait dans Diaconia 2013 l’enseignement de Jésus dans les Béatitudes, par exemple en Luc 6,20 : « heureux vous les pauvres, le Royaume de Dieu est à vous ». Dans le même registre Matthieu lui parlera des pauvres d’esprit. Le groupe de préparation au rassemblement à Lourdes, « places et paroles des pauvres », insistera sur la différence initiale entre une pauvreté (vulnérabilité) qui touche à la condition humaine dans ses limites et qui développe une angoisse existentielle, et une pauvreté sociale due à la précarité, une véritable misère qui conduit à un cumul des difficultés et à leur aggravation.
Diaconia 2013 s’adressait en priorité « aux misérables », à ceux qui vivent un dénuement matériel tel qu’ils sont privés tout entier d’existence. Cette manifestation avait voulu donner la parole aux pauvres. C’est le titre du livre, relecture de la démarche de Diaconia 2013, « Servons la fraternité » et qui s’intitule « Eglise : quand les pauvres prennent la parole » aux Editions Franciscaines, 2014.
L’exposé d’Etienne Grieu, pour la session du Ceras, met en valeur une solidarité telle quelle se dégage de l’expérience de Diaconia 2013, qui ébranle l’attitude charitable longtemps pratiquée.
« L’Eglise s’y découvre signe de solidarité ». Jean Paul II se réfère à cette notion de solidarité en en faisant une quasi- vertu théologale pour le social. Celle-ci parvient à son aboutissement dans une unité du genre humain qui renvoie à la communion. (Sollicitudo rei socialis,40)
Dans cette geste de Diaconia 2013 la solidarité avec les plus pauvres n’est plus seulement « un supplément d’âme » ni une sphère particulière. Celles qu’Etienne Grieu désigne par la périphrase, « de personnes en détresse », viennent bien des périphéries de la société et n’appartiennent plus à l’Eglise-institution pour la plupart. Mettre au cœur la solidarité, c’est précisément ne plus parler tout seul. Il y a lieu pour l’Eglise de « se laisser déranger par ceux qu’elle n’attendait pas, au premier rang des quels il y a les personnes en détresse. »
Elle se remet en mouvement à la rencontre d’autres forces sociales, sans volonté d’autopromotion, mais dans un « débordement ». L’Eglise de par sa vocation se laisse travailler par quelque chose de plus grand qu’elle, qui peut être saisie sous la forme d’une unité de l’humanité qui la dépasse et la précède. Niés dans leur existence, les plus pauvres sont en quête d’humanité pour eux et par répercussion pour tous.
Une des phrases du second Testament les plus citées dans la préparation de Diaconia, marque la volonté des participants de rompre avec l’attitude courante d’exclusion : « la pierre rejetée est devenue la pierre d’angle. » AC 4,11.
Question de Patrick Viveret : comment font ceux qui ont commencé à faire ?
Le commencement ne part pas de rien… Au moins un bourgeonnement. Pour Patrick Viveret : comprendre la question primordiale du chômage, ce n’est pas tout réduire au problème de l’emploi. La notion de « capability » désigne toutes les potentialités créatives : chacun a des talents, des richesses. Les métiers, le compagnonnage, nous font chef de projet de notre propre vie. A la place du travail, il est possible de faire œuvre créatrice. Ces ministères mystérieux définissent « un buon vivre »comme sobriété heureuse.
Le bel exposé d’une expérience en cours de Patrick Valentin d’ATD Quart monde illustre ce propos. A partir d’un trépied de départ, 1) personne n’est inemployable, 2) le travail utile ne manque pas, 3 ) ce n’est pas l’argent qui manque. Lui s’est contenté d’un territoire assez restreint, rural surtout, les réunions avec toutes les parties suivent leur cours.
Pour réussir, partir des autres, de leurs besoins plutôt que de ses propres idées :
Guillaume Leblanc, philosophe, a permis d’affiner ce qu’on entend par cette écoute de ceux qui sont privés des moyens d’expression les plus simples. Pour lui, il s’agit de mettre en place « un dispositif auditif » qui libère la parole abimée du pauvre. Ainsi s’opère un décentrement pour l’auditeur et du coup un recentrement pour l’interlocuteur.
Il dénonce le RSA comme une régression par rapport au RMI. En introduisant la recherche de travail comme condition de cette aide minimale aux plus pauvres, on remet en avant une relation de surveillance du bénéficiaire soupçonné de profiter d’un assistanat. Le RSA fait peur, les pauvres renoncent souvent à la demander.
Guillaume Leblanc souligne que dès la Constituante un droit de subsistance est déjà reconnu, conçu comme une dette envers les plus pauvres. Le danger consiste à parler à leur place. On les contraint à un comportement normatif où la règle est posée par nous en fonction de nos valeurs : « si on ne fait pas d’efforts, il est normal de ne rien gagner. »
Une véritable rencontre suppose d’accepter de mettre au placard son système de valeur :
Les vies minuscules sont les vies de ceux qui bricolent, se débrouillent à partir de leur dénuement. Michel de Certeau présentait le personnage de Charlot comme celui qui dérange en persistant dans la pauvreté.
Prendre soin du pauvre (en référence à l’éthique du care), permet de restituer au pauvre sa capacité d’agir, son humanité. Cela implique de construire une structure d’attention à l’autre : se pencher pour tendre l‘oreille à une voix qui commence dans le presque inaudible.
S’il faut se baisser pour écouter ceux qui n’ont rien, pour autant faut-il s’en tenir à une relation d’empathie à leur égard ?
La Présidente du Secours Catholique Véronique Fayet expose lors de cette session, son expérience à Bordeaux. Elle a réuni un grand nombre d’associations pour connaître les besoins des Bordelais qui souffrent et faire pression sur les instances politiques municipales. Elle remet ainsi à l’honneur un combat de porte parole nécessaire pour que du respect de la dignité de chacun on passe à sa reconnaissance effective.

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