Les femmes à Paques avec le pape François

7 avril 2015

L' Eglise au futur

de la croix

Femmes de Pâques au Vatican

posté par Sébastien Maillard le Lundi 6 avril 2015

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Un trait moins médiatisé mais manifeste dans les célébrations pascales au Vatican a été l’attention portée aux femmes. Au Jeudi Saint, à la prison romaine de Rebibbia, elles siégeaient à parité avec les hommes, parmi les détenus, pour le lavement des pieds accompli par le pape François. Six femmes et six hommes, dont plusieurs en larmes devant le vicaire du Christ venu, à genoux, leur laver et embrasser le pied. Il y a deux ans, dans une autre prison, elles étaient deux parmi les douze mineurs. Les femmes étaient plus encore présentes au cours de la vigile pascale en la basilique Saint-Pierre. Parmi les lectrices. Parmi les dix catéchumènes, où elles étaient en majorité (6). De la plus jeune – et première à être baptisée par le pape -, une Cambodgienne de 13 ans, à la plus âgée, une Kenyane de 67 ans. Durant cette même veillée, le fil conducteur de l’homélie du pape fut précisément le rôle des femmes. Celles parties de grand matin au tombeau. « Femmes disciples de Jésus », osa le pape, mettant leur attitude en contraste avec celle des hommes reclus au Cénacle, tétanisés par la peur. Devant les 40 cardinaux, la trentaine d’évêques et les 350 prêtres concélébrant avec lui, le pape François a insisté sur ce que ces femmes « nous enseignent » : « Apprenons d’elles ». La veille, au chemin de croix du Colisée, la station où Véronique essuie le visage de Jésus a donné lieu à une méditation sur le « génie féminin ». Sous la plume de Mgr Renato Corti, auteur choisi par le pape cette année pour rédiger le texte de la Via Crucis, les femmes ont été ici mises en valeur pour leur « place importante » : « Elles t’ont assisté, toi et les Apôtres », a écrit l’évêque italien s’adressant au Christ : « Quelques-unes d’entre elles ont été présentes pendant ta passion. Et elles seront les premières à porter l’annonce de ta résurrection ». Enfin, en conclusion de son message de Pâques qui précède sa bénédiction urbi et orbi, le pape François s’est adressé à « tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté ». Un ajout remarqué bien qu’on suppose que l’expression employée jusqu’ici d’ « hommes de bonne volonté » n’ait jamais voulu englober que la seule gente masculine. Ces attentions discrètes mais significatives, placées au sein des plus importantes célébrations de l’année liturgique, traduisent la volonté du pape de changer le regard de l’Eglise sur les femmes, à défaut d’en avoir fondamentalement changé le rôle – à ce stade du moins. Après l’angélus du 8 mars, il avait saisi l’occasion de la journée de la femme pour exprimer son attente à leur égard pour son Eglise et au-delà : « Un monde où les femmes sont marginalisées est un monde stérile, parce que les femmes apportent non seulement la vie mais nous transmettent également la capacité de voir au-delà — elles voient au-delà d’elles-mêmes —, elles nous transmettent la capacité de comprendre le monde avec des yeux différents, de ressentir les choses avec un cœur plus créatif, plus patient, plus tendre. » « La femme sait voir les choses avec un regard différent de celui des hommes », déclarait-il plus tôt dans l’année lors d’une rencontre avec des jeunes aux Philippines : «  La femme sait poser des questions que nous les hommes nous n’arrivons pas à comprendre. » Des féministes s’irritent de la façon dont ce pape argentin de 78 ans dépeint la femme. D’autres réclament des actes plutôt de que belles paroles. « Quand le prochain pape viendra à Manille, qu’il y ait davantage de femmes ! », plaida lui-même François aux Philippines. Sans nul doute, quand viendra le prochain Triduum pascal, parions qu’il y aura, déjà, encore davantage de femmes.

Une réponse à “Les femmes à Paques avec le pape François”

  1. ndpastorales Dit :

    Sur les féministes et le pape François et sa relation au féminin: ordinairement le regard d’un homme fut-il un homme religieux sur une femme ne se confond pas avec ce même regard sur un autre homme. C’est un fait quand bien même cette relation particulière est construite socialement selon certains codes. Certes cette relation ne se réduit pas à une nature orientée par une différence sexuelle. Il y a bien des caractéristiques sexuelles visibles mais qui ne prennent leur pertinence qu’à l’intérieur d’une structure social déterminée. On peut constater l’exacerbation de la « féminisation » dans un société libérale où la femme est objet de marchandisation. On tente alors de faire aussi des hommes des consommateurs de cosmétiques et autres colifichets. On comprend la réaction des exclus de ce système dont la population musulmane pauvre. Au delà des apparences, nous sommes appelés à restituer à chaque être humain le mystère de sa diversité qui le rend unique bien que semblable à tout autre. C’est cela qui fait le prix de chaque rencontre et sa beauté.

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