Le Christ et le sacrement du mariage

SERIE de remarques au sujet du divorce et des divorcés remariés  à partir de la Bible

élaborées par Suzanne Maurice (groupe divorcés remariés 2013-2014)

 

  Les divorcés remariés et la Bible

Position de Pie IX : indissolubilité du mariage catholique qui exclut toute possibilité de séparation même si un des époux est convaincu d’adultère.

Cette indissolubilité est fondée sur l’engagement du Christ avec l’Eglise qui est irrévocable.

Le mariage entre un homme est une femme se veut le reflet de l’alliance du Christ avec son Eglise comprise comme un mariage où le Christ est l’époux et l’Eglise l’épouse. La fidélité toujours renouvelée du Christ pour l’Eglise fonde la fidélité dans le couple humain.

 

Les références :

Elles se trouvent essentiellement chez Paul, posant des règles de vie pour ses communautés : I corinthiens, 7, 10-11. Ephésiens 5, 21-33…

Paul s’appuie sur un passage de la Genèse2, 24 : « à cause de cela l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme et tous deux ne feront plus qu’une seule chair »

Cette phrase de la genèse se retrouve dans l’évangile de Matthieu : 19,4-9. Attention plusieurs traductions. Il est question ici avec la référence à Moïse de la répudiation. La loi mosaïque se trouve en Dt 24’1. On retrouve cette position en Luc16, 18. De même pour Marc en 10 ,1-12.

Ce qui fonde ce lien qui ne peut être rompu, c’est la relation christ/Eglise conçue comme un mariage. Le Christ époux de l’Eglise se trouverait dans les Evangiles.

Déjà dans l’A.T. Dieu est associé à l’image de l’époux d’Israël mais c’est la situation un peu inverse. Ce sont des images des relations homme femme qui sont utilisés pour symboliser la relation de Dieu à son peuple (cf le cantique des cantiques). Le terme d’Alliance est aussi fondamental dans l’A.T.

Pour les Evangiles : Jean 3,28-29 c’est Jean Baptiste qui parle  et désigne le Christ comme l’époux dont il est l’ami. Mais il n’est pas question en tant que tel de l’Eglise. En Mathieu 9,15 il est question du Christ comme l’époux mais dans une noce… Il n’y a pas vraiment association du Christ comme époux avec l’Eglise sauf  pour Paul : est cité cor 11,2-16. Je vous laisse apprécier la littérature paulinienne de ce temps au sujet de la femme. Plus explicite, Paul Ephésiens 5,25-33.

Dans ce texte, la relation Eglise Christ, Homme Femme est longuement développée. Il ne faut pas se tromper sur le chef : «  le mari est le chef de la femme tout comme le Christ est le chef de l’Eglise, lui le Sauveur de son corps. »

 

II Le père Martelet (voir histoire de l’Eglise sur internet)

Il y  dans la Bible une référence à un idéal qui est le couple Adam et Eve. Le Christ  nouvel Adam  remonte  par de là la Loi mosaïque énoncé parce que les hommes depuis la chute ont le cœur dur. Selon le Christ, Moïse  permet la répudiation parce que les gens sont  des pêcheurs endurcis mais dans l’idéal, un homme aime sa femme et ne peut la rejeter. L’amour humain est une image de l’amour divin fidèle et constant, mais les hommes n’en restent pas moins imparfaits, leur manière d’aimer est entaché de bien des dégradations.

L’Eglise va affirmer que dans le mariage entre un homme et une femme Dieu lui-même s’engage. C’est l’amour du Christ fidèle et patient qui donne et renouvelle l’amour humain qui a besoin de Lui pour traverser la vie ses épreuves ses difficultés.

Les conjoints se choisissent librement, dans un consentement mutuel c’est de même pour le prophète même si lui entérine la polygamie et la répudiation (c’est la femme qui reçoit une dote de son mari qu’elle peut utiliser si elle est abandonnée.)

Le mariage est conçu comme un contrat. Pendant longtemps l’Eglise a des réticences à s’en occuper parce que ce sont là des affaires mondaines.  Elle le prend en charge à partir du XII siècle et surtout du concile de Trente. Pour elle ce sont les conjoints du fait de leur choix idéalement libre qui sont les ministres de ce sacrement. Ils échangent leur serment et leur alliance, l’Eglise consent examine prépare… Un ministre peut la représenter mais aussi un diacre, un laïc. Aujourd’hui devant la désaffection et le manque d’implication des époux  l’Eglise tente de renforcer la préparation au mariage et le rôle du prêtre.

Ce mariage, on l’a expliqué est indissoluble. On peut rompre le mariage mais pour l’Eglise le remariage ne peut être envisagé.

 

III Quelques petites remarques par rapport à cet édifice :

On parle du Christ et de son Eglise. Or de quelle Eglise s’agit-il, il y a eu plusieurs divorces dans l’Eglise, on n’a pas du tout une Eglise unie. L’image d’un mariage indissoluble du Christ avec l’Eglise ne tient qu’en étant autiste à la grande diversité de confessions et donc d’interprétations à l’intérieur même du christianisme.

Pour continuer sur cette fondation en Christ. Aujourd’hui peu de gens contestent que le Christ appartenait à un monde juif, il vivait au milieu de ses frères  dont il contestait certaines pratiques religieuses liées à une vision légaliste de la croyance monothéiste. Pour lui la foi était d’abord jaillissement d’amour d’un Dieu de pardon et de miséricorde. Avait-il conscience de faire rupture malgré la persécution dont il a été victime. ? Celle-ci va être engendrée progressivement, mais Jésus est un juif qui fréquente  les synagogues et le Temple ce que nous raconte les Ecritures. Il ne peut être dans son époque l’époux d’une Eglise qui n’existe pas encore. Paul propose avec le Christ époux de l’Eglise une relecture surement très intéressante mais qui est en partie une extrapolation.

Dernière remarque : il semble que les textes des Evangiles qui font référence à la loi de Moïse ne parlent  surement pas du divorce qui, en tant que tel, n’existait pas. IL s’agit de  la répudiation très pratiquée dans un monde patriarcal où l’homme dominait et vivait souvent en multipliant les conquêtes et les relations. En réalité dans l’Ancien testament prévaut une notion plus  clanique que familiale  avec le souci d’une nombreuse descendance. Il s’agit alors et c’est le sens du patriarcat d‘ une appropriation par l’homme et de son contrôle du corps des femmes qu’il épouse tour à tour pour agrandir sa famille. A cette volonté qui est toujours sous –jacente dans les sociétés dominés par les hommes, les différentes lois récentes concernant la famille, en particulier la fin de la présomption de paternité, montrent une évolution des mentalités.

Dans la Bible, les grandes figures sont masculines. Les patriarches par exemple convolent avec plusieurs femmes et les servantes de leurs femmes. Il suffit de penser au patriarche Abraham ou à Jacob. Qu’en est-il exactement à l‘époque du Christ ? Le monde gréco romain  est bien différent sur ce plan aussi mais je ne crois pas me tromper en pensant que la polygamie est encore fréquente dans les populations du Moyen Orient. Quoiqu’il en soit, le mariage comme contrat entre deux êtres dits égaux que va promouvoir peu à peu l’Eglise mais aussi une société sécularisée n’existait pas.

Voir une histoire du mariage qui comme celle de la famille a subi toute une évolution. Pourquoi cette histoire ne comporterait pas encore des évolutions qui loin de trahir le message du Christ lui donnerait plus de profondeur le dépouillant d’habitudes sociales obsolètes.

 

 

 

2 Réponses à “Le Christ et le sacrement du mariage”

  1. Le Voyageur Dit :

    On peut reconnaitre le rôle de la chrétienté dans la promotion du « libre consentement des époux », au regard des « mariages arrangés » (forcés, imposés) qui eurent cours longtemps. Le mariage était en effet un contrat d’intérêts patrimoniaux, d’alliances politiques et autres, dans lequel l’amour n’avait pas de place…. Pour l’amour il y avait les amants/maitresses, et pour « la bagatelle » les bordels….

    « ne pas séparer ce que Dieu a uni ? » => mais il a uni qui/quoi ?
    Et qui est juge de ce que dieu fait et/ou ne fait pas ? Les curés ?
    Dieu unit-il délibérément la femme/l’homme qui psychologiquement « épouse son papa/sa maman » ? Avant de se rendre compte 5 ans plus tard de son erreur de casting ?
    L’eglise un temps fit la promotion des « annulations de mariage »…. Belle fiction hypocrite !! quand on n’a AUCUN argument DE FOND recevable ou fait du juridisme et du légalisme….
    C’est comme les petits qui se croient grands (suivez mon regard…) poursuivis par la justice : quand on s’est fait prendre la main dans le pot de confiture, on épuise les voies de recours pour espérer gagner du temps…. Plus dure sera la chute !!

    Ce système imposé et dégringolé des sphères vaticanes, qui; là comme ailleurs, font porter aux autres des jougs qu’ils ne supporteraient pas eux-mêmes, n’a plus aucun poids dans la société française depuis lurette…
    Dieu aime chacun des êtres humains de cette planète TEL QU’IL EST ….
    C’est le message de Jésus….qui offre sa chair, son corps et son sang aux mariés comme aux divorcés remariés….
    Seulement on ne le « connait » pas encore dans l’église … C’est bien dommage….
    Et comme dit ci-dessus, pour eux là-haut : Plus dure sera la chute !!

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    • ndpastorales Dit :

      Je souscris tout à fait à ces remarques. Seulement si l’Eglise d’aujourd’hui a cessé d’être en phase avec notre société qui ne peut plus faire cas de ses positions sociétales, n’a-t-elle pas néanmoins encore une fonction dans l’annonce de la Parole de Dieu, dans l’eucharistie et dans ce qui fait vivre une communion de tous les croyants et au delà de toute l’humanité? Peut-être faut-il se ressourcer en revenant sinon à l’origine de notre foi du moins à ses débuts pour remettre nos pas dans ceux de tous nos prophètes…Merci de faire un peu cas de ma quête…

      Répondre

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